J’ai consacré ma semaine à la trilogie hypeeeeeeeeeer connue des Cinquante Nuances de Grey. Je voulais comprendre l’engouement. J’ai compris. Enfin, en gros.

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Résumé rapide : (sans spoiler, parce que bon, c’est pas trop trop l’histoire du siècle hein)

Christian Grey est beau, multimilliardaire, jeune, intelligent.

Anastasia Steele est jeune, pauvre, brillante, maladroite, vierge.

Christian est porté sur le SM, n’a jamais rien connu d’autre, est traumatisé par une petite enfance pourrie (suivie d’une adoption par une famille riche blablabla).

Il tombe fou amoureux d’Ana qui décide de sauver ce pauvre petit garçon perdu (Peter Pan is in da place). Elle se plie à ses jeux sexuels, ils découvrent l’amour, le vrai, le seul, celui qui n’existe que dans la collection Harlequin. Ça se termine bien, tout le monde est riche et heureux dans le meilleur des monde et elle porte des Manolo Blahnik.

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Mon avis.

Je ne vous cache pas que j’ai dévoré les quelques 1500 pages en quelques jours. C’est pas un exploit chez moi cela dit. Ni un gage de qualité, que du contraire. Les bons livres, ceux qui font cogiter, prennent du temps.

Ça veut donc juste dire qu’il s’agit de romans faciles.

Que dire?

Vous avez déjà lu un roman de la collection Harlequin? Si non, voici une couverture histoire de vous donner une idée de la catégorie.

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Ces romans sont TOUS construits sur le même moule : la jeune naïve un peu sauvage et l’homme riche et blessé. Sexe. Rupture. Recollage. Je-ne-peux-me-passer-de-toi. Mariage.

Bah, 50 Nuances c’est pareil. Seule différence? Un marketing de malade où on te fait croire que c’est hyper novateur et tout et tout, une couverture PLAINE 2 MISTAIRE, et la variante SM.

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Pourquoi ça marche?

Parce que ça joue A MERVEILLE sur les côtés les plus CONS de la femme. A savoir cet espèce d’espoir gnangnan qu’elle va un jour trouver un prince noir et en faire un prince blanc, qu’elle sera Ze Ouane and onlie.

Ajoutez à ça la vague impression de transgresser la brave morale en lisant du porno gentillet. T’es trop pas une ménagère de moins de 50 ans quand tu lis comment Christian l’attache dans sa pièce dédiée aux cordes et autres martinets.

Tu le sens le côté fier "chuis trop une coquine tu vois?"

Tu le sens le côté fier “chuis trop une coquine tu vois?”

J’ai aimé?

Bah autant que quand je lisais les Harlequins durant mon adolescence. C’est-à-dire avec la lucidité permanente de lire de la merde mais avec quand même l’envie de lire la fin (que tu connais après environ deux pages).

J’ai aimé autant que quand je regarde Gossip Girl et que je bave devant Chuck Bass avec la parfaite conscience d’être une pauvre cruche.

C’est distrayant, ludique, parfait pour l’hiver ou la plage. Parfait pour remplacer un Voici. Parfait pour les soirs où tu n’as pas envie d’être profondément remise en question par ta lecture (Gide, par exemple, il me faut toujours quelques jours pour m’en remettre, tu vois?). Y a pas de honte à lire du roman de gare. Et des fois, ça fait du bien.

MAIS :

A la longue, les scènes de Q toutes les 4 pages sont lassantes au possible. Sans compter que les descriptions sont parfois chaotiques et tu ne comprends rien à la position adoptée. Ou alors ils font un Twister.

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A la longue, les gnangnanteries d’Anastasia sur sa “Déesse intérieure qui fait ci ou ça” ou sur son “Cinquante Nuances gnagnagna” te donnent juste envie de lui coller des tartes. Les répétitions, ça va bien deux minutes…

A la longue, les ficelles énormes que tu t’efforces d’occulter parce que t’es bonne joueuse sont tellement énooooooooormes que tu lèves les yeux au ciel toutes les trente secondes.

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Alors on remercie chaleureusement E.L. James pour avoir une fois de plus livré l’image la plus naze de la femme en couchant ses fantasmes égocentriques de princesse qui rêve de luxe (mais qui n’est pas là pour ça), d’amour inconditionnel à la limite de Sissi Impératrice. Cela dit, elle n’a pas fait pire que toute la collection Harlequin.

Une nuance de Grey. Un roman féministe. "Non", dit-elle. Et il la respecta et ne la harcela plus. The End.

Une nuance de Grey. Un roman féministe.
“Non”, dit-elle.
Et il la respecta et ne la harcela plus.
The End.

Ah si. Elle a fait croire aux gens que c’était de la littérature. Et ça, c’est mal.

Conclusion…

Tu peux le lire, Pépètte. Mais fais-moi plaisir, ne crois pas que tu lis un chef d’œuvre. Pitié.

PS : si tu aimes à ce point, je te conseille d’aller te four

nir chez Harlequin directement.

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