Je suis tombée récemment sur un article de Jook : Instagram, le royaume des connes.

Je l’ai d’abord lu en pensant me marrer.

Et puis j’ai lu des phrases comme ceci :

En ceci, cette plateforme est parfaitement en phase avec l’avènement des hipsters, vegans, hippie-chics et autres mouvements de manges-merde en quête de sens : vaine et prétentieuse.

Et à ce petit jeu malsain, les filles sont reines.

Insta, elles en raffolent. Elles peuvent y laisser libre court à leur égocentrisme inné et à leur «sensibilité» esthétique, c’est parfait. Bon, à vrai dire, elles viennent surtout y chercher une approbation publique dans tous les domaines évoqués. Suis-je assez bonne ? Suis-je en vacances au bon endroit ? Mon nouveau look est-il à propos ? Suis-je à la bonne adresse pour bruncher, pour dîner, pour danser ? Que pensez-vous de ma déco, de mon chapeau, de la vue de ma chambre d’hôtel, de mon cul ?

Mais ce qu’on peut déplorer, c’est le néant intellectuel qui règne là-dedans. C’est lunaire. C’est le monde du rien, du superficiel, de l’artificiel, et pire encore, du faux (les fameux filtres). Ce n’est pas pour rien que toutes les it-girls, « filles de », influenceuses, et autres dindes écervelées ne jurent que par Insta. C’est vraiment le royaume des connes à cervelle de moineau qui n’ont rien à dire, on ne va pas se mentir.

Quant aux mecs qui rentrent dans ce jeu de pétasses impudiques, on peut également les qualifier de connes, pas de soucis.

Coucou la misogynie…

Parce que oui, si on lit entre les lignes (ou même sur les lignes hein, tant qu’à faire), on peut lire que les filles sont égocentriques par essence (“égocentrisme inné”).

Et à grand renfort de termes bien dégueulasses, on s’en donne à coeur joie et on insulte à tour de bras parce que c’est si rigolo de traiter les nanas de pétasses, de connes, de dindes et j’en passe.

Et tout le monde de partager en s’esclaffant.

Ouais…

Qu’on n’apprécie pas Instagram et le comportement des instagrammeuses, ma foi, je ne dis pas. Dire qu’instragram est superficiel, c’est pas non plus un propos révolutionnaire. Un réseau de partage de photos, souvent, ça tombe dans l’ego. Mais résumer le tout par “les filles sont trop des connes”, je trouve ça facile et plutôt con.

Et celles qui ont du talent?

Parce que oui, sur instagram, il y a aussi des bêtes de talent. Des nanas qui ont de la gueule, du style et qui bossent beaucoup pour développer un travail de qualité.

Ne pensez pas que je défends mon église : je ne suis pas instagrameuse. Moi, j’aime écrire. Les photos, c’est pour le fun. Je n’ai pas le quart de la moitié du talent des nanas dont je vous parle.  Mais définitivement, les généralités misogynes me font gerber.

On me dira ce qu’on voudra, mais quand je regarde le feed de Coline, je ne me dis pas que c’est une dinde écervelée. Oui, il y a de l’esthétisme, oui, il y a du talent. Sa gestion de cinemagraph, par exemple, j’aurais beau m’entraîner mille fois, jamais je n’arriverai à un tel résultat.

Ah mais pardon, sans doute fait-elle partie des vegans mange-merde…

Même chose chez Natacha Birds. Ces nanas font un réel travail de recherche. Je ne vois pas pourquoi on devrait les insulter sous prétexte qu’elles utilisent leur image.
Quand t’es juste foutu de prendre des photos toutes faites sur les réseaux, que tu piques allègrement sans citer ta source, t’es pas non plus un créateur de folie.

On trouve aussi des artistes comme Maxime Collin, qui se fait donc également traiter de conne si j’ai bien tout lu le merveilleux pamphlet de Jooks. Des gens dont l’image est le job. Des gens qui travaillent.

C’est aussi un endroit différent où on peut voir d’autres beautés que dans les magazines classiques. Et en général, ça fait du bien à des tas de “connes écervelées”.

C’est trop rigolo

En fait, quand on se penche sur Jooks, on découvre assez vite que la haine, c’est leur fond de commerce.

Et qu’accessoirement, ils en sont fiers.

Parce que rager, c’est facile. Se planquer derrière l’humour pour balancer son vomi, c’est un créneau comme un autre. Et un créneau qui marche aujourd’hui.

C’est un peu dommage de voir que la méchanceté gratuite est un créneau. Alors si on peut critiquer l’égocentrisme d’instagram, je pense qu’on peut aussi s’interroger sur ceux qui font de leur dégueuli une activité ludique ou lucrative.

T’as pas d’humour.

Bah tu vois, je me marre quand je vois des parodies. Je me marre devant des tas de trucs cons. Mais je ne me marre pas quand je lis ça:

Alors je sais pas hein, peut-être que les auteurs de ce tas de fiente sont de gros frustrés qui se soulagent en chiant sur le monde qui les entoure. Peut-être qu’ils sont plus à plaindre qu’à critiquer. Bah sans doute même.

Mais en tout cas, non, je ne les trouve pas drôles ou super provocateurs. Je les trouve juste bas de plafond et plutôt en retard sur leur époque.

(PS : les gars, quand on se vante d’être des gars intelligents face à un monde de grosses connes, on sait que dans “des mange-merde”, on n’accorde pas le verbe… C’est une règle vieille comme Grevisse. JDCJDR)