24 mars SSLP (Salutaire Solution du Lâcher Prise) / Psycho de comptoir pleine de love

Je suis une digital lady, laissez-moi rester dans ma grotte.

Bon. Il est temps que je vous avoue tout : moi, le confinement, ça me va parfaitement. Voilà, c’est dit.

Portrait d’une digital lady

Je n’ai jamais été la championne du relationnel IRL (entendez « in real Life »). En vrai, je sais que vous ne me croirez pas, mais je suis super timide et je planque tout ça sous une grosse couche de mimiques et gestes qui déplaisent, VOIRE (et je sais, c’est contradictoire) sous plein de mots inutiles.

Je suis le genre de nana que le silence en groupe met tellement mal à l’aise que je vais parler pour meubler, souvent du premier truc qui me passe par la tête et ça peut très bien tomber sur un sujet bien inutile du genre les flatulences de mon chien.

Moi, quand Facebook est apparu, j’y ai vu ZE sens à ma vie. Un endroit où je pouvais, à mon aise, réfléchir avant d’écrire (et accessoirement c’est mon mode d’expression favori), c’était pour moi. Quand j’ai lu « Que voulez-vous dire? », j’étais joie. Il n’y avait personne en plus donc j’étais encore plus joie.

Avec le temps, je me suis créée tout un monde virtuel, Imparfaites comprise, un instagram, un Pinterest et je t’en passe.

C’est comme si, dans ce monde-là, j’avais tout le temps pour tout digérer alors qu’ailleurs, c’est toujours en live. Un truc gênant ? Personne ne te voit réagir. Un mot blessant ? Tu peux supprimer la discussion. Un truc grossier ? Tu peux bloquer et enterrer l’affaire sous un silence assourdissant.

Je suis tellement un être digital que ça a carrément fini par devenir mon métier, c’est dire si j’étais née pour ça.

Confinement power

Puis le confinement. Alors là, les gars, laissez-moi vous dire que ça m’a poussé à fond dans mon confort ouaté. Au départ, c’était bizarre, le dehors me manquait et puis et puis il m’a paru bien confortable de ne plus sortir de mon chez moi.

D’abord, TOUS les magasins que j’aime se sont mis à livrer. Plus besoin de sortir, même pour le petit créateur : trois clics et, sans parler à personne, tu reçois chez toi ton petit bonheur, sans avoir croisé personne, sans avoir vu un mec cracher par terre, sans t’être fait klaxonner dessus trois fois, sans qu’on te pousse dans une file, bref, SANS LES HUMAINS.

Et je ne te parle même pas du fait que même mes restaurants préférés ont commencé à livrer ou que moi, je trouvais que 22h c’était une bonne heure pour aller se coucher donc le couvre-feu, ça me gêne assez peu. Ma soeur me rend visite une fois par semaine et son départ à 21h45 me convient parfaitement, me jugez pas, j’ai besoin de 8h de sommeil.

Professionnellement, j’ai découvert que je suis meilleure en virtuelle ! Sur les réseaux, j’approche les gens avec toute l’aisance de la distance moi. Ils ne me voient pas devenir pivoine, ils ne voient pas que sous mon bureau, je suis en pyjama confort je suis tellement bien dans mon salon surchauffé au feu de bois que je me retrouve moins endimanchée, moins gênée, moins hésitante, bref, MEILLEURE. Je suis à mon top en virtuel.

Et donc, professionnellement, j’ai fait mieux en confinement que hors.

En vrai le confinement, c’est la vie éternelle en bas de pyjama et en pantoufles et pardon mais j’ai un peu envie de te dire What Else ?

Mais je ne suis pas normale

Apparemment non. D’aucuns diraient sous cape que c’est moi qui ai un souci. Dans mon équipe, tout le monde a quand même envie de revenir au bureau. Moi non. Moi je suis bien tranquille : quand je dois me concentrer, je coupe le micro et je fais silence et j’en fais trois fois plus qu’au bureau.

Alors oui, j’irais bien partager une frite avec l’équipe à midi de temps en temps mais force m’est de constater que non, le contact humain ne me manque pas. Voire je n’y suis plus du tout habituée.

Il est fort possible que je souffre du syndrome de la caverne qui guette les confinés mais si c’est le cas, je ne trouve pas ce syndrome si dangereux que ça.

Ces trucs que je ne suis plus prête à vivre

Non mais parce que la vraie vie, vous avez peut-être oublié, vous, mais pas moi, et je me souviens à chaque pas dehors (oui, parfois mon boulot me contraint de sortir, je lutte mais les clients aiment me voir, allez comprendre). La vraie vie, c’est aussi :

  • Marcher en talons dans une rue en pétant de chaud à moitié en retard et arriver chez un client décoiffée et en sueur. Moi je veux toute ma vie mettre le filtre Zoom qui fait que j’ai l’air maquillée et rester débraillée dessous, les pieds sur ma chaise.
  • Chercher une place en ville. Never. Bizarrement chez moi, à part le chat, personne ne me vole ma place.
  • Vivre une réunion chaotique en vrai. En Zoom, tu peux toujours perdre la connexion, réfléchir à ce que tu voulais dire et revenir comme une fleur. (Testé et approuvé).
  • Le froid. Moi je vis devant mon feu de bois. Il fait 24 degrés H24 là où je travaille. Alors tu penses bien que les deux heures de réunion dans un bureau chauffé à 20°, c’est un choc thermique pour moi. J’attrape un rhume et je mets deux semaines à m’en remettre.
  • La file. Pour tout. Attendre dans ton salon devant la télé, c’est quand même plus sympa que dans la file du Carrefour, avec une personne qui te colle derrière et l’autre qui raconte sa vie devant.
  • Du bruit. Chez moi, le bruit, c’est moi qui le choisis. Ou au moins quelqu’un que j’aime. Dehors, je n’ai pas le choix d’écouter le doux murmure des Klaxons agressifs, le lancinant vroom vroom des voitures, le ring ring des vélos (oui même eux se mettent à être agressifs je trouve).
  • Des odeurs. Chez moi toujours, je vis dans une parfaite odeur de musc mélangé à de la vanille avec une touche florale. Je ne vois pas pourquoi on m’imposerait de vivre avec l’odeur de gens qui estiment que le savon, c’est ponctuel.

Syndrome de la cabane, de l’escargot, du foutez-moi la paix

Bon, ok je vois ce que vous voulez dire, en effet, le dehors me stressouille bien un peu.

C’est logique : vivre juste avec quelques personnes qu’on aime, ne plus voir les inconnus H24, rester dans la maison qu’on aime, c’est quand même ultra rassurant.

Alors quand on déconfinera, je vais faire comme pour entrer dans l’eau froide : petit à petit et avec acclimatation.

Ou alors je ferai comme je fais quand l’eau est froide : je resterai sur la plage, ça me gêne pas trop si j’ai un bon bouquin.

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