Il y a environ un an, j’ai annoncé ma démission. Un crève-coeur avant tout parce que je quittais une équipe que j’aimais profondément. Sauf que moi, je mourais. Je me sentais vide de tout. Ma grand-mère était morte, ma mère s’était suicidée et moi j’avais continué dans ma roue sans but, de moins en moins bien, réalisant de plus en plus qu’elle ne menait nulle part.
Mais qui allait vouloir de moi à 48 ans ? J’ai donc rempli, bon gré mal gré, des documents pour retrouver dans l’enseignement. Je ne sais pas trop si ça avait un sens, mais retourner vers un autre monde connu me semblait rassurant.
J’étais si épuisée que je ne voyais plus clair. J’avais traversé tant de difficultés dans ma vie que ces dernières me semblaient insurmontables. Cette fois-ci, je n’allais pas tenir. Impossible, en plus de tout ça, de trouver du sens dans des rendez-vous professionnels pour rencontrer un métier que j’avais appris à de moins en moins respecter. Impossible d’avoir envie de faire réussir une entreprise qui nécessitait de m’essorer jusqu’à l’assèchement total.
J’ai commencé à me demander pourquoi je ne lisais plus, depuis quand je n’écoutais plus de musique en dehors de celle qui me permettait de rester productive et efficace, pourquoi je ne regardais plus que les mêmes séries en boucle, pourquoi je me réveillais chaque nuit terrifiée et au bord de la crise d’angoisse…
J’ai commencé à voir un psy, à entamer un long retour vers moi pour digérer cette vie qui ne m’avait pas fait de cadeau.
Et j’ai fini par comprendre que c’étaient eux ou moi. Que leurs vies continueraient sans moi mais que si je continuais, moi, j’en mourrais. Je continuerais de m’éteindre petit à petit sans que personne n’intervienne.
Alors ma foi, l’enseignement que j’avais fui parce que « j’en avais fait le tour » me semblait rassurant, confortable, reposant.
Mais on ne m’a pas appelée.
Je pense que pendant quelques mois, ça a été l’essentiel de mon temps. J’ai dormi. La journée dans le canapé devant toujours les mêmes séries, la nuit, comme je pouvais, tant bien que mal, hantée par le geste de ma mère et par tous les démons de mon passé, revenus tellement plus forts. J’avais l’impression que je ne m’arrêterais jamais de dormir, que je ne serais plus jamais reposée. Je pensais rester pour toujours cette ombre de moi.
Devant les autres, je faisais bonne figure, comme toujours mais dès que j’étais seule, je dormais.
Je ne sais pas comment elle est revenue. Quoi qu’il en soit, elle est entrée sans que je m’en aperçoive. Ça a commencé par des lectures un peu débiles de romances torrides, mais au moins je lisais. J’ai mis de la musique, de plus en plus souvent.
Sur deux ou trois mois d’état quasi larvaire, des tas d’idées avaient traversé mon cerveau sans que je les écoute. Une maison d’édition s’intéressait à ma trilogie mais me demandait de réécrire bien plus que mon âme n’en était capable à l’époque. On me demandait des conseils en marketing dans des domaines à mille lieues de l’immobilier. On me proposait des jobs divers et variés. Je repensais au coaching en image, au fait que j’aimais transmettre, je regrettais ADNC, ce vieux projet de mode en faillite, je tâtonnais au beau milieu de toutes ces pensées mais avec la sensation qu’il devait bien y avoir un sens à tous ces questionnements.
En tout cas, après avoir refusé pas mal de propositions, une idée a fait son chemin : s’il y a UNE chose que je sais, c’est ce que je veux et ne veux plus.
De l’enseignement j’ai appris que je ne voulais pas qu’une administration décide ce qui était bon ou pas. Mais j’ai gardé l’amour infini de la transmission de mes savoirs.
D’ADNC, j’ai appris que je ne voulais plus courir de risques financiers non calculés. Mais j’ai aussi gardé l’amour du coaching et le souvenir du bonheur qu’on ressent quand on fait quelque chose que l’on aime avec des gens que l’on aime tout autant.
De Flexvision, j’ai appris que ne voudrais probablement plus jamais travailler avec des agents immobiliers (sorry, les gars, je ne vous mets pas tous dans le même panier mais les probabilités m’ont appris que j’avais 80% de chance de tomber sur quelqu’un qui me prendrait de haut, sur un mauvais payeur voire les deux à la fois… Je n’ai aucune envie de passer ma vie à creuser pour trouver les 20%). Mais j’ai aussi appris que j’adore manager une équipe, que j’adore développer une entreprise selon mes propres règles et que j’adore la communication parce qu’en ça, je suis douée quand on me laisse faire.
Alors la voilà ma solution : j’allais créer une entreprise qui combinerait tout ça.
Oui, rien que ça.
J’ai accepté de petites missions marketing loin de l’immobilier, avec des clients attachants : c’était ma priorité. Comme le dit Alexandre Astier :
Je ne bosse plus du tout avec des connards […] je ne bosse pas avec des gens avec qui je ne voudrais pas déjeuner. C’est ma règle.
Et je suis retournée à l’école. J’ai repris une formation de coaching ICF à la Coaching+ Academy et en parallèle, je me suis formée aux IA avec la même passion que je peux mettre dans tout nouvel apprentissage au point d’être capable de développer des sites comme une championne et d’automatiser les 3/4 de ma vie.
Et en fait, il était là, le goût perdu : j’avais besoin de retrouver l’envie d’apprendre.
C’est ça que je me construis pas à pas, pièce après pièce et vous savez quoi ? C’est quand on commence à se remettre sur ses propres rails que plein de gens montent à bord de votre locomotive. Et ces gens ressemblent à ce dont on a besoin. Et réciproquement je crois.
J’ai réussi, notamment grâce aux dizaines de coachings dont j’ai bénéficié durant ma formation, à trouver comment combiner tout ce que j’aime et constat fou : c’est possible.
En tout cas, depuis quelques mois, on dirait bien que ça l’est.
Et c’est ça que je voulais vous communiquer aujourd’hui : j’ai 50 ans dans un mois et je réinvente ma vie. Il n’est donc jamais trop tard.
Si vous traversez ici et maintenant un de ces moments de la vie où l’on a l’impression que le brouillard ne partira plus jamais, faites-vous aider (et je ne prêche pas pour ma paroisse, promis, parce que je pense que la case psy est primordiale avant tout coaching). Ne perdez pas de vue qu’aucun brouillard n’est définitif et qu’on peut éviter de se noyer en foutant ce grand coup de pied au fond du bassin pour remonter, même si pour ça il faut d’abord toucher le fond.
Puis Dumbledore l’a bien dit :
Vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres. Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière
Aller plus loin
Et si on en parlait pour de vrai ?
Je suis coach, en formation de coach certifiée ICF. J’accompagne les femmes qui traversent un virage et veulent reprendre la main sur leur trajectoire. Les premières séances ouvrent en novembre.
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2026-10-12 18:47:09