21 mars SSLP (Salutaire Solution du Lâcher Prise) / Psycho de comptoir pleine de love

Sensible, hypersensible, comment on vit ?

J’ai toujours détesté les étiquettes. Je n’aime pas ces mots : « multipotentiel, hypersensible, zèbre, haut potentiel, hyperactif… » . Je trouve qu’on les galvaude et qu’on en use à tour de bras. Tout le monde est un ou l’autre ou tous comme si tout le monde cherchait à se joindre à une communauté.

Mais force m’est d’admettre que je suis quelqu’un de sensible. Vous pourrez parler d’hypersensible si vous le désirez puisque je réponds à tous les critères mais je vais me contenter dans mon cas de « sensible ».

Etre sensible ou hypersensible c’est quoi ?

Si je devais parler de moi et c’est ce que je fais sur ce blog, ça remonte à toujours : je voulais contenter tout le monde et me montrer parfaite et la moindre remarque signifiait à mes yeux que j’avais échoué. Je voulais que ma famille m’aime, désespérément, et il ne me fallait pas grand-chose pour me refermer.

Une phrase suffisait à me faire arrêter tout ce que j’aimais. J’adorais écrire, j’ai lu mes écrits à ma mère et elle a ri, sans méchanceté au fond, mais elle a ri et je me suis cachée ensuite pour écrire. Je me rappelle aujourd’hui certaines phrases qui suffisaient à m’arrêter net. Je voulais devenir interprète, mon prof de néerlandais m’a fait UNE REMARQUE et j’en ai conclus que je n’avais pas les aptitudes et je n’ai pas osé m’inscrire.

J’avais peur qu’on me laisse, qu’on ne m’aime plus, qu’on me quitte.

J’ai toujours fui les conflits d’une façon maladive, au point de ne jamais exprimer mon opinion sauf au moment fatal de la goutte d’eau où, au fond, je ne m’exprime qu’en débordant ce qui, je vous le donne en mille, mène au conflit.

Dans la vie tout me blesse affreusement ou m’exalte. Je ne suis jamais entre les deux. On rit souvent de mon enthousiasme, mais il est le parfait reflet de qui je suis.

Mais j’ai fini par le vivre mieux

Je n’ai jamais mis des mots sur ce que je suis ou qui je suis. Je suis comme je suis et c’est tout, avec mes tempêtes et mes explosions de confettis.

Et je trouve que je traverse les choses bien mieux que par le passé mais soyons claires : je vis mieux les choses parce que j’ai mis de la glace sur le feu.

Je me protège des gens et de la vie avec les seules armes que j’ai développées : du cynisme et de la distance.

Je ne regarde plus les films qui font pleurer, j’évite les actualités, je supprime tout ce qui me touche autant que faire se peut.

Je côtoie un maximum les choses qui me distraient de la vie : les séries, les romans, le jardinage, ces choses qui prennent la place des peines de la vie ou de ces réflexions incessantes qui peuplent mon silence.

Et j’aime être seule, dans ma grotte, dans le silence indolore de mon petit univers que j’ai voulu tout doux. Pas de ligne droite, pas de tissus froids, pas de lumière blanche, que de la douceur.

Etre seule, moi, ça me repose. Ca me met en pause et pendant un moment, je respire en relâchant la surveillance. Parce que si on y réfléchit, le monde autour de nous est toujours prêt à nous en balancer une petite bien verte et il faudra réagir et remonter vite le mur nécessaire à la survie de l’âme.

Alors beaucoup ne comprennent pas ma distance. L’être humain est supposé être social, moi la société me fout les jetons et tout me révolte d’une façon démesurée et épuisante.

Je lis des choses sur les réseaux et je pourrais me disputer à m’en user le coeur devant la moindre injustice. Lorsque l’on m’accuse à tort ou qu’on n’admet pas une injustice, mon corps tout entier entre en bouillonnement et c’est épuisant.

Et j’ai appris que le monde ne veut pas toujours écouter. J’ai appris à me taire et au fond du fond, je suis bien plus en paix quand je garde mes pensées pour moi parce que, la majeure partie du temps, si je parle de mon ressenti, il n’est pas entendu. Alors à quoi bon ?

Moi, je ne me sens pas seule. Je vais bien mieux sans me confronter au monde. Je m’épanouis sur les réseaux sociaux parce que c’est un endroit où l’on peut à l’envi éteindre ce qui nous heurte, quitter, fermer.

Mon monde est étroit mais sécurisé, fermé mais doux. Je n’y laisse entrer que ceux qui ont montré patte blanche mais je surveille farouchement la porte.

On dira que ça fait de moi quelqu’un de farouche et que je passe à côté de bonheurs insoupçonnés mais quand on a été habitué à osciller entre le plein été et le plein hiver, croyez bien qu’une douce brise printanière suffit amplement.

Et ma vie est un long fleuve tranquille et c’est tout ce que je demande.

Au bord d’un gouffre

Ceci dit, la semaine passée a été brutale et m’a rappelé deux choses :

  • Le métier dans lequel je mets toute mon énergie pourrait également receler des dangers si j’implique trop mon coeur.
  • Je ne suis pas à l’abri des blessures et elles ne sont pas si insensibilisées que ça.

Pour celles qui me suivent sur les stories, vous saurez que je suis tombée sur un beau spécimen de manipulateur professionnel. Ça m’a un peu secouée assez bêtement parce que vous savez quoi ? J’étais fragilisée et pas du tout préparée à ça.

J’avais « un peu trop pris la confiance » comme on dit. Un instant, j’avais arrêté d’imaginer qu’on pourrait encore me retourner comme une crêpe avec une phrase bien placée.

Il existe des gens qui connaissent ou ressentent vos insécurités et qui s’en servent pour protéger les leurs. Je ne vais pas rentrer dans les détails mais quelques mots ont suffi à me rappeler qui je suis et comment je suis et que je suis fragile dans un monde de brutes armées au combat.

Alors je recule.

Du silence et un chat

Alors je fais ce que je sais faire : prendre soin de moi. Je profite du calme de la maison, de la douceur du chat, je plonge ma tête dans des histoires criminelles qui ne me touchent pas et je remonte une à une les briques de mon mur.

La prochaine fois, on ne m’y reprendra plus. Et s’il le faut, je me retirerai : l’escargot fait ça très bien et j’ai toujours trouvé les escargots très respectables. On les mange ? Oui, c’est vrai. Tant pis.

J’aimerais être plus dure, je vous jure que j’essaie. J’y arrive plein de fois au point que certains me pensent insensible c’est dire si j’y arrive, mais il n’y a que la coquille qui ne casse pas. A l’intérieur, ça reste le cyclone quand même. Vous comprendrez pourquoi j’ai besoin de tant d’heures de sommeil.

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commentaires

Ariane

2021-03-29 09:12:21
Quel bel article ! Je m'y reconnais un peu. Les remarques, pas méchantes, presque des conseils dits sur un ton de reproche m'atteignent fort. Et je me sens mal. Je veux tellement bien faire.

SKOURI SONIA

2021-03-22 08:39:58
Je me suis tellement reconnue dans cet article. "Lorsque l’on m’accuse à tort ou qu’on n’admet pas une injustice, mon corps tout entier entre en bouillonnement et c’est épuisant." Un de mes traits particuliers sans parler que je rumine et je n'arrive pas à passer à autre, ça reste dans un coin de ma tête et mon corps. C'est épuisant moralement et physiquement ! "J’ai toujours fui les conflits d’une façon maladive, au point de ne jamais exprimer mon opinion sauf au moment fatal de la goutte d’eau où, au fond, je ne m’exprime qu’en débordant ce qui, je vous le donne en mille, mène au conflit." J'essaye de m'exprimer sur l'instant mais j'ai encore des crises de nausées quand j'en viens à ce moment ! Raison pour laquelle j'ai quitté mon poste de manager d'ailleurs...j'étais épuisée, ma sensibilité était un défaut pour ce travail et j'ai fini par partir et demander un poste à temps partiel dans un endroit où je serais isolée et finalement, je me sens en Paix et heureuse ! J'ai plus de temps pour mon métier/passion le chant lyrique et une énergie nouvelle! Merci pour ce post que je vais partager d'ailleurs !

Tatum

2021-03-21 20:35:29
Cet article me touche énormément tant je m’y vois! Plein de love...

Natacha

2021-03-21 13:22:43
J’ai vraiment adoré votre blog