Tout le monde a déjà connu LA soirée chez des cons. Ici, je vais vous parler d’une soirée chez UNE conne (qui par extension, semble s’entourer de cons, ça paraît logique).

Tu ne sais pas par quel hasard tu te retrouves là, tu te dis que franchement, l’ami qui t’y a emmenée veut te faire fuir ou voir à quel degré de non-humanité tu peux survivre ou vérifier que tu l’aimes assez d’amour pour endurer le barbecue annuel chez ses amis les plus cons.

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Mais en tout cas, tu te retrouves sur la route pour aller chez ces « amis » qui, dieu est clément, habitent loin (non, tu ne les reverras pas tous les samedis, faut pas abuser des bonnes choses, des gens sont morts pour moins que ça).

C’est déjà durant le trajet que tu comprends que les gens qui t’emmènent sont suffisamment motivés par le voyage pour partir avec deux heures de retard. Au départ, tu es gênée dans ta ponctualité polie. Après, tu les remercieras de t’avoir évité deux heures supplémentaires de ce calvaire polaire (par 30°, c’est quand même une gageure).

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C’est quoi une conne?

Une conne, c’est une nana qui déborde de tout sauf d’humanité. Elle s’entoure de moules cuites qui jouent les bénis oui-oui et de toute façon, transforme ceux qu’elle approche en personnages effacés et secondaires dans sa bio.

Tu arrives en pleine visite guidée des travaux de la maison. Visite à laquelle tu n’auras pas droit (cela dit, comme t’en as un peu rien à foutre de la nouvelle annexe, tu ne le prends même pas mal). La visite, tu le sens dès le premier pas, est teintée de jetage de poudre aux yeux et d’étalage de « j’ai trop réussi dans la vie-t’as-vu ». Les copines sont taiseuses, la maîtresse de maison les a domptées depuis dix ans, elles savent qu’elles ont juste le droit d’acquiescer en souriant pour éviter une droite.

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Ursula (si, si, ça lui va trop bien, je te jure) finit ensuite par te servir un fond de cocktail sans te décrocher un sourire. Tu sens la haine profonde que lui inspirent les amis d’enfance de son pauvre époux (c’est à dire les gens avec qui toi, vilaine, tu es venue) : ils sortent d’un passé qu’elle voudrait révolu mais, pas de bol, Jules les considère comme la seule planche de salut à une vie pousse-au-suicide avec la Régente. Elle lui concède donc la présence annuelle de ces trouble-fêtes mais quiconque les accompagne endurera son courroux. Ils auront, au mieux, droit à de vagues regards de mépris limpides.

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On te relègue à un coin de table, suffisamment loin pour que tu ne puisses pas entrer en contact avec une de ses connaissances et c’est après avoir posé trois sacs sur les chaises plus proches qu’on te murmure un « Nan mais stu veux, tu peux venir plus près hein », sachant très bien que tu ne vas pas te permettre de susciter un déménagement complet des dix-huit sacs à langer et des douze gilets « au cas où qui ferait froid ».

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C’est ainsi donc que, forcément, la petite bande de « pas bien venus » sera contrainte de se faire la conversation à elle-même, ce qui permettra plus tard à Ursula de dire à ses copines « nan mais t’as vu un peu comment ils ont fait bande à part? ».

J’ai peut-être des codes restreints, je suis peut-être « jugeante » (paraît que ça existe), mais quand je reçois des gens chez moi, par acquis de conscience, je leur dis au moins trois mots. Si je ne les connais pas encore plus. C’est peut-être même des inconnus dont je prendrai le plus soin puisque les amis sont déjà comme chez eux. Ben Ursula non. Elle se contente de glousser fort en racontant des histoires pas marrantes à ses copines qui s’esclaffent parce qu’elles ont peur de se faire bannir du club des gens auxquels on adresse la parole.

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Ensuite on oublie de te proposer un morceau du dessert, on continue à t’ignorer sereinement, on allume une bougie du côté de la table où tu n’es pas, histoire d’être bien certaine de pouvoir t’ignorer une fois plongée dans le noir.

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Tu pourrais penser que tu es au fin fond du quart-monde wallon mais non, mon pote, t’es en plein monde civilisé, chez « des gens bien ».

Comme quoi…

Comme quoi, dans tous les milieux, il existe des bouffeurs de vie, des dévoreurs de joie, des assassins affectifs. Tu vois un pauvre mari asservi, nié totalement dans sa personne, contraint de se planquer pour allumer une clope… Des amis qui sont tout sauf des amis, tous plus seuls les uns en face des autres, condamnés à écouter une cheftaine scout dont le fond méchant et dominateur sue par tous les pores.

Qu’est-ce qui peut bien obliger tant de gens à persévérer dans une telle servitude? Souvent, plongés que nous sommes dans nos propres dynamiques, on ne se rend pas compte de ce que l’on accepte ou de ce que l’on impose.

Je suis convaincue qu’Ursula pense être une bonne amie, une brave épouse. Pas une seconde, son état tyrannique ne lui saute aux yeux.

Tout ceci pour dire que, la prochaine fois que vous serez invité(e) chez une conne (ou un con parce que ça existe tout pareil, rêvez pas, les mecs), c’est le moment d’observer. Regardez les uns et les autres et profitez de ce grand moment de solitude (et d’emmerdement profond) pour vous demander quel soumis ou quel tyran vous êtes.

J’y réfléchis encore puis je vous dis quoi…

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