Je pense donc je suis, à ce qu’on dit. Bah on dira qu’on a pas mal le temps d’être ces derniers temps et de réfléchir à notre sort. Et ma conclusion, les amis, c’est que nous sommes en deuil.

Warning : ce n’est pas l’article le plus drôle de l’année, mais ça peut nous aider, je crois à comprendre ce qu’on ressent. Et comprendre, c’est déjà avancer.

Edit : je n’ai pas posté cet article le jour où je l’ai écrit. J’ai attendu de me sentir un peu mieux pour le relire et le modifier une fois que je sentirais mon moral remonter 🙂

Les étapes normales du deuil

En fait, ce qui m’a mis la puce à l’oreille, ce sont les changements d’humeur en moi. D’une peur envahissante au tout début, je suis passée à une sorte de « bon tant pis » qui s’est transformé ensuite en « c’est pas si mal », pour évoluer vers « mais c’est génial en fait » pour arriver ici à une sorte de vague à l’âme pas super agréable mais qui passera.

Nos humeurs fluctuent avec le Covid 19 et le confinement...

Ce ne sont pas réellement les étapes du deuil, mais il y a quelque chose qui y ressemble.

Et en me promenant sur les réseaux sociaux et sur les stories essentiellement, je vois que ces évolutions sont assez semblables chez tout le monde. Le jour où je déprime, une autre est folle de bonheur puis on inverse les rôles.

Ce ne sont pas à proprement parler les étapes du deuil, mais j’ai pourtant la sensation que ce sont les étapes de quelque chose.

Et petit à petit, on avance…

Le deuil de nos convictions

Alors j’ai réfléchi. De quoi fait-on le deuil ? De plein de choses en fait.

Nous étions convaincus que, hormis manque de bol du destin, AVC soudain, arrêt cardiaque ou compagnie, notre espérance de vie était plutôt sympa. Et voilà que d’un coup, un minuscule truc nous menace tous et semble plus fort que n’importe quelle guerre ou n’importe quelle attaque terroriste.

Le Covid 19 nous rend tous tristes et perdus.

Dur à accepter hein ? Nous sommes tout à coup devenus si fragiles… si petits…

Notre belle conviction que nous avions le temps, que nous étions inattaquables et presque immortels vient de voler en éclat.

Le deuil de nos habitudes

Nous voilà tout à coup obligés de tout bouleverser, tout changer, tout revoir. Se faire à l’idée de réorganiser notre temps pour ralentir d’un coup est difficile.

On enterre notre train de vie, en faisant l’étrange constat qu’il n’était pas si formidable que cela et en même temps en le regrettant vivement le jour suivant.

Tout à coup, on remplace des habitudes par de nouveaux modes de vie, en gardant dans un coin de la tête que les nouveautés sont temporaires et qu’il sera peut-être bien difficiles de s’en séparer à leur tour… On se prépare intérieurement à de nouveaux bouleversements futurs.

Le deuil de nos envies et de nos projets

Nos envies habituelles perdent un peu de sens. On s’y accroche, mais on sent bien qu’elles ont perdu de leur sens. Quel besoin d’avoir un énième sac dans un monde où on peut tous claquer par une si minuscule chose ?

Difficile de s’accrocher à nos rêves de succès, de projets de vie, voire de projets de retraite quand on se dit qu’on est si vite menacés !

On sait qu’on va perdre plein de choses, ce statut pour lequel on s’est tant battus, on sait que finir les mois à venir va être plus difficile et que ces petites choses matérielles

Tout a un peu moins de sens tout à coup, non ?

Après le deuil, la résilience…

Ces fluctuations s’arrêteront un jour. Je lis beaucoup de gens persuadés que le monde ne sera plus pareil mais j’y crois peu, je dois vous l’avouer. La crise passée, l’homme redevient lui-même. On oubliera d’applaudir à 20h, on oubliera que c’était bien aussi de ralentir un peu, de se concentrer sur l’essentiel et on oubliera même la fragilité de nos existences. La preuve en est que certains ne semblent pas prendre la mesure de ce que nous traversons, je vous renvoie à mon article sur la haine et le Covid 19…

Mais derrière ces oublis, il ne tient qu’à nous de faire un peu mieux. Il ne tiendra qu’à nous de nous rappeler qu’on peut trouver les vacances sur notre terrasse, qu’on peut vivre sans programmer un millier de choses à faire et que voir nos amis est une chance qui peut nous être retirée…

Le Covid 19 nous pousse à faire le deuil de plein d'éléments de nous...

Je crois que ce qu’on doit faire aujourd’hui, c’est graver ces moments dans nos têtes pour qu’ils ne restent pas inutiles.

Je voudrais retenir…

Ma petite liste à graver à moi :

  • je dois trouver du temps pour bouger mon corps : il va mal et a bien besoin que je lui consacre vraiment des moments à lui
  • finalement, je peux vivre juste en faisant des paniers et sans toucher le bouton « acheter »…
  • j’ai réellement besoin de 8h de sommeil. Mon corps se réveille aimablement tout seul après 8h.
  • quand il fait beau, un tout petit quart d’heure au soleil fait des miracles.
  • je dois me rappeler que j’adore jardiner.
  • j’adore me maquiller : j’ai continué pendant tout le confinement, je suis donc certaine de ne pas le faire pour les autres.
  • j’ai de la chance de travailler avec mes collègues : on a un vrai truc ensemble et ça mérite de s’en rappeler tous les jours
  • j’ai des amis fidèles qui pensent à moi très souvent et je devrai le leur rendre après.
  • aller au resto et débattre de comment on va conquérir le monde avec mon Cortex, ça n’a pas de prix.
  • les bulbes plantés en automne jouent un rôle dans mon bonheur
  • on a tendance à laisser le bordel s’accumuler dans une maison et inconsciemment, ça pèse dans la tête.
  • j’ai vraiment besoin d’un nouveau matelas/lit/sommier/oreillers pour améliorer mes soucis de dos/hanches… c’est prioritaire à mes achats de fringues et je dois me préparer à vendre un rein.
  • une vraie chaise de bureau, c’est essentiel.
  • mes dépenses prioritaires DOIVENT être : ce satané lit, des injections d’acide dans mes hanches, les fameuses semelles prescrites par le médecin l’an passé. RIEN n’a plus d’importance. (ça, je l’oublierai devant n’importe quelle vitrine ou newsletter, je me connais)

C’est pas grand-chose et c’est beaucoup, cette petite liste. Je vous suggère de faire la vôtre : nous avons la mémoire courte, nous, humains. Enterrons ce qui doit l’être et créons mieux…

Allez, à vos listes !