Avertissement : non, ceci n’est pas dédié à une personne précise, elles sont nombreuses dans la course. Si tu te sens visée ben, je sais pas, essaie d’entendre mon point de vue peut-être. Pas la peine de m’écrire en mode “mais tu parles de moi” : tu n’es pas le centre du monde, peu de chances que je sache ce que tu fais au quotidien, ne t’emballe pas. Si tu fais partie des quelques-unes qui ont inspiré ce petit article, sache que nous sommes d’accord de ne pas être d’accord. J’entends bien que tu n’as pas envie que tout le monde sache tout ça mais moi j’ai envie de le dire et c’est ça qui est merveilleux sur le net : j’ai le droit. Bisous.
Ps : si tu as la gentillesse de parler de moi pour dire que je suis une vilaine méchante qui t’agresse, tague-moi : j’ai besoin de followers. 🤣

Hello, petite Bichette naïve qui ne fait pas partie des acharnées de l’influence. Je reviens encore avec un article pour être sûre que tu choisisses bien tes héroïnes en toute connaissance de cause. Parce que moi, ça m’escagasse, quand on te prend pour une gentille petite pigeonne vois-tu…

Je t’ai déjà parlé de l’algorithme moche de la plateforme qui décide de te montrer plus si tu montres plus de peau, poussant ainsi plein d’instagrameuses-wannabe à en révéler plus que nécessaire. Mais aujourd’hui, on va parler clair et franc : jusqu’où les acharnées du like sont-elles prêtes à aller ?

Pourquoi vouloir une plus grande communauté ?

Bien entendu, il y a la course à la renommée, qui certes, entre en ligne de compte quand on est sur Instagram – ne nous mentons pas : quand on en est au stade de poster et communiquer tous les jours, on est forcément en quête d’approbation, d’amour ou que sais-je (je suppose que je plaide coupable : oui, votre affection, vos gentilles pensées me font du bien tous les jours).

Mais au-delà de cela, la raison principale au fait de vouloir faire grandir un compte, c’est de bénéficier de plus d’avantages.

A partir d’un certain nombres d’abonnés, vous recevez des cadeaux. A partir d’un autre nombre d’abonnés, vous recevez des cadeaux ET on vous paie pour en parler. A partir d’un certains nombre d’abonnés, vous pouvez en vivre.

Est-ce que je veux plus d’abonnés ? Ça dépend des jours puisque je co-dirige une société et je n’ai pas vraiment le temps de donner plus à Imparfaites. Certains jours je me dis “un jour quand Flexvision pourra tourner sans moi, je ne ferai plus que travailler pour imparfaites”. Puis le lendemain je me dis que je me lasserais. Donc bref, je ne sais pas, c’est pourquoi je ne cours pas désespérément après le nombre d’abonnés.

Mais la raison principale à l’idée de vouloir faire grandir un compte : avoir plus, recevoir plus, éventuellement en vivre.

La personne qui vous dira le contraire vous prend pour des pigeons.

Ceci dit, c’est mignon, un pigeon qui écoute de la musique

Ces méthodes douteuses pour faire grandir une audience

Il y a plein de méthodes pour faire grandir une audience, de la plus respectable à la plus naze. Pour moi, une VRAIE audience se construit par les partages naturels : on parle de vous parce qu’on aime votre contenu et vous obtenez une communauté de gens fidèles.

Du côté des pratiques nazes, on trouve, en tête de file…

Les achats de likes et de followers

Et pleiiiiin de marques se sont laissées avoir ainsi autrefois : acheter des likes et des followers, ça ne coute rien, à peine quelques euros. Pas cher donc, si ça ne vous dérange pas d’être suivi par des robots. Tellement pas cher que l’an passé, pour me décrédibiliser, un inconnu m’en a offert. J’ai dû les enlever un par un, y a plus drôle, et aujourd’hui, les outils permettant de vérifier l’authenticité de mon compte en garde la trace. Pas cool.

Parce que bien entendu, des outils tels que Socialblade ont été mis en place pour vérifier l’authenticité des comptes instagram. Donc au final, il y a moins d’achats aujourd’hui et c’est pas plus mal.

Le follow-unfollow

Un autre classique : on s’abonne à un tas de comptes en espérant qu’ils nous suivent en retour. On peut même utiliser un robot pour ça.

C’est, par exemple, un outil qu’on conseille aux marques, en marketing. Exemple : on crée l’instagram d’un client en immobilier et un bot sera chargé d’aller liker et follower tous les comptes qui utilisent le #realestate (par exemple hein…)

En retour, le compte recevra sans doute des abonnés et des likes.

Bon, c’est une technique comme une autre pour attirer l’attention de certains comptes. Tous les jours j’ai une dizaine de comptes qui s’abonnent pour se désabonner quelques jours plus tard. C’est du follow-unfollow. Il y a un an ou deux, j’ai testé avant de le conseiller à certaines agences (je travaille dans le marketing immobilier), ça marche assez bien. Un quart des gens s’abonnent en retour. Mais le truc rigolo (et logique), c’est que le jeu dit que tu te désabonnes après. Ben devine quoi ? Ils se désabonnent aussi assez souvent : il y a beaucoup plus de gens qui suivent leurs statistiques qu’on ne le croit.

En soi, je trouve que c’est assez inintéressant mais ça ne fait de mal à personne, c’est déjà ça.

La supplication

Ça c’est une tactique que je trouve ULTRA gavante. Je ne comprends même pas comment les abonnés ne se tirent pas en courant. Il s’agit, avec une régularité qui donne envie de se tirer une balle, de rappeler à ses abonnés le bon travail qu’on fait gratuitement pour eux et de leur dire que la moindre des choses c’est de partager.

C’est vrai que c’est la meilleure façon de remercier les gens qui vous créent du contenu. Mais à mes yeux, ça revient à dire “dis moi merci dis moi merci dis moi merci et dis moi merci publiquement”. Je préfère mille fois que les gens me remercient naturellement que de les supplier de le faire. Et accessoirement, je peux vous dire que des mercis, on en reçoit plein en mp. Si ces gens vous demandent des mercis publics, c’est, de nouveau, pour grandir et avoir plus de cadeaux, collabs etc.

L’amitié fake

Ça aussi c’est pas nouveau. Je vous explique le principe : deux instagrameuses qui ont sensiblement le même nombre d’abonnés vont se voir pour partager un grand moment d’amitié diffusée à grands renforts de communication.

L’objectif ? Attirer l’attention de chaque communauté sur l’existence de l’autre.

Ce qui me gêne ? C’est du fake, du commercial, de la pub Ricoré (c’est joli mais c’est dégueulasse). On te fait croire à un vrai moment alors qu’en fait, on veut juste de faire suivre un compte.

C’est un peu comme si, chaque fois que je voyais une de mes amies youtubeuse qui a plein plein de followers, j’en profitais pour la taguer sur 3000 photos en espérant qu’elle partage pour faire grandir mon compte.

Alors là, certes, les deux personnes se servent l’une de l’autre, c’est mutuel, mais ne vous trompez pas : ce n’est pas dégoulinant de bons sentiments et elles ne se fréquenteraient pas si la différence de followers était importante.

Je parle d’expérience : j’en ai vu plein faire ça puis, quand l’une des deux décolle, adios la bonne copine de story !

Le concours

Encore le système le plus honnête selon moi (et le seul que j’accepte sans tomber dans l’extrême moche dont je vous parlerai ensuite).

Là, c’est une marque, le plus souvent, qui propose d’organiser un concours mais le blogueur peut aussi offrir quelque chose. C’est une façon d’attirer le regard sur le compte. Les gens le savent tous et, si le contenu intéresse assez, les gens restent. Si ton contenu ne les branche pas, ils se cassent le jour de la fin du concours. Pas de mensonge, pas d’arnaque, pas de guimauve : on sait tous pourquoi on est là.

Le concours miracle

Et il fallait bien pervertir le seul système loyal du truc : après les concours, on a inventé le concours de ouf miracle où tu vas gagner un sac à 3000 boules.

Pour avoir une chance de le gagner, il faut suivre touuuuuuuus les comptes des 30 instagrameuses qui se sont cotisées pour l’acheter. D’aucuns disent que personne ne gagnera le super sac à la fin mais là, c’est peut-être une rumeur.

Encore une fois, on te demande à toi de faire grandir pleiiiiiin de gens comme un brave petit soldat.

Le commentaire bidon

“Salut les fiiiiiilles, je vais passer sur vos comptes, je vous aime fort”. Cette phrase date de 2011, je crois. Et je croyais que plus personne n’était dupe mais je me rends compte, en discutant avec vous, que pas mal d’entre vous n’ont rien vu venir.

Je vois donc des nanas qui “passent sur les comptes” de leurs abonnées et qui vont commenter N’IMPORTE QUOI. Des “c’est trop mignon” sous des photos honnêtement sans intérêt (non, désolée, mais le gâteau d’anniversaire ravagé de mamie jaquotte, sans commentaire explicatif, ça n’intéresse que les gens qui connaissent mamie jaquotte, arrêtons l’hypocrisie : parfois je vous poste des trucs que je sais inintéressant mais que MOI j’ai envie de poster, je n’attends pas réellement des mots d’amour dessous) ou “t’es trop belle !” sur une photo ou non, encore une fois, la nana n’est pas trop belle parce que la photo est super floue, mal faite et tout et tout. Là, je vous entends, vous vous dites que je suis médisante mais je peux vous assurer que ces nanas qui se cassent le cul pour faire des photos parfaites H24, derrière, elles se moquent. Je les ai entendues hein, dans les events. Et c’est à gerber.

Elles passent sur vos comptes pour que vous passiez en retour. Ce n’est pas gratuit, gentil, innocent. C’est purement intéressé.

Pire, parfois, c’est une assistante qui commente ou… un robot : oui, vous pouvez utiliser un robot qui va déposer des commentaires neutres sous les photos des abonnées “coeur coeur coeur” “trop bien !” “j’adooooore”.

Je fais des tests

“Pourriez-vous liker ma dernière photo, c’est pour un test sur l’algorithme?” LOL.

Toute instagrameuse sait très bien comment fonctionne l’algorithme et comme tout est bon dans le cochon, essayer de vous faire croire qu’on fait un test marche très bien pour vous faire liker (et par conséquent faire croire à l’agorithme que vous êtes fan d’une photo…)

Pourquoi ça m’énerve ?

Parce que, bon Dieu, c’est plus du tout naturel. Je vois bien, par exemple, que ma communauté est hyper réactive à mes stories. Elle est très présente, elle suit tout (y en a qui se rappelle quand j’ai eu Figaro pour vous situer). MAIS ça ne fait pas partie de ses actes naturels d’aller liker toutes mes photos.

Pourquoi je voudrais la forcer à agir autrement que naturellement ?

Pour ma pomme.

Ca m’énerve parce que c’est demander aux gens un travail pour lequel, ne vous inquiétez pas, on est déjà très bien payées.

J’ai 17.700 abonnés. Je n’oserais presque pas vous dire pour quelle petite fortune de cadeaux je reçois tous les mois. Sans compter mes collabs mensuelles qui me permettent de me rhabiller, de me chausser, de m’acheter des cadres, des produits etc. J’ajoute que je suis invitée dans plein de lieux super. Même mon esthéticienne, je ne la paie pas. Mon coiffeur non plus. Tout ça avec 17.700 abonnés. Imaginez celles qui en ont plus.

Et VOUS, vous me devriez une reconnaissance éternelle pour les posts que je fais ? Allons allons : les followers ne doivent RIEN aux créateurs de contenus, ce sont les créateurs de contenus qui doivent TOUT aux followers. Les marques nous paient déjà largement, n’en doutez pas.

Des dents qui raient le plancher sur une grosse tête qui éclate

Je comprends que tout ça monte à la tête de certaines et qu’elles en veuillent toujours plus, encore et encore.

C’est vrai, je finis par être surprise les jours où je ne reçois pas de colis. Je le reconnais moi-même. J’en vois même qui reprochent à certaines marques leur ligne de conduite comme si, pour toute marque, c’était un honneur de les compter dans leurs créateurs de contenu.

J’ai écrit récemment à Oceans Appart pour leur proposer une collaboration puisque j’adore leurs produits. Je ne rentre pas dans leurs critères. Pensez-vous deux secondes que je vais les boycotter ou leur reprocher de n’avoir rien compris ? Non, non, j’ai recommandé deux leggings et un hoodie. Parce que bordel : c’est ça la vraie vie. Des fois tu gagnes, des fois tu perds, mais personne ne te doit rien. L’excuse du “j’ai besoin qu’on me prête des trucs pour créer du contenu” est aussi du bullshit : à l’époque où personne ne recevait rien, je t’assure qu’on arrivait à caser du contenu créé avec ce qu’on avait acheté (petit rappel : c’est ça, la base de l’influence : tu es la bonne copine qui montre ses achats, pas la créatrice de contenu pro, à moins que tu en vives, auquel cas, j’imagine que tu as mieux prévu ton taf que ça et tu as déjà des collaborations établies…)

Quand je parle d’un coup de coeur à moi, il marche d’ailleurs MILLE FOIS mieux que le contenu créé pour une marque en collaboration (c’est d’ailleurs pour ça que je leur suggère de me confier un budget plutôt que de m’envoyer ce qu’elles veulent : on parle mieux de ce qu’on aime). Donc acheter ça marche aussi. Il n’est écrit nulle part que les boutiques nous ont attendues pour exister.

J’imagine que ce réseau permet à toutes les nanas qui se sont rêvées stars de réaliser leur rêve de gosse en créant un univers dont elles sont le centre. Je vous jure : c’est dur de ne pas céder et finir par vous croire une des merveilles du monde quand toute une communauté de followers te dit tous les jours que tu es géniale et formidable etc etc.

Quand tu es Influenceuse, souvent, un tour sur tes réseaux et tu es ragaillardie

C’est grisant vous savez, l’approbation quotidienne. Ca demande d’avoir les pieds bien sur terre. Je pourrais dire que je me lance dans le curling que certaines nanas de ma communauté me soutiendraient encore mordicus. Et je crois que ça pète à la tête de certaines. Elles oublient qu’elles font toujours caca et que quelques milliers de gens qui te suivent, ça ne fait pas de toi Beyoncé. Quelques milliers de plus non plus. Elle a 154 millions de followers. Ca devrait te permettre de remettre les choses en perspective.

A toi, GA (gentille abonnée)

Quand je vois le nombre de gens qui me REMERCIENT de leur répondre… je suis sans voix.

N’oublie pas, toi, l’abonnée silencieuse qui suit avec honnêteté toutes ces nanas, que c’est à TOI que tes starlettes doivent dire merci tous les jours.

C’est TOI qui as le pouvoir.

Sers t’en judicieusement !